« Ramallah, ville normale » Jean-Michel DELAGE

Du jeudi 5 octobre 2017 au vendredi 10 novembre 2017
18:30 - 18:30

Je me souviens de mon premier voyage en Palestine. La tête emplie de clichés. D’abord l’arrivée à l’aéroport de Tel Aviv. L’arbitraire des services de sécurité israéliens … On peut être facilement refoulé et obligé de reprendre un avion vers son pays d’origine ! Direction Jérusalem-Est, Porte de Damas, où j’emprunte l’un de ces minibus vers le check-point de Qalandia, le plus important point de passage du mur de séparation vers la Cisjordanie.
Béton, grillages, portiques… Les inscriptions sont en hébreu, en arabe et en anglais. Paradoxalement, peu de soldats. Ce qui rend Qalandia encore plus Orwellien : Le lieu est protégé par des caméras et les ordres sont lancés à travers une sono. La traversée est toutefois beaucoup plus facile pour un étranger que pour un Palestinien. Je suis descendu près de la Place Al Manara et de ses lions statufiés.
J’ai commencé à photographier la Capitale administrative de la Cisjordanie. Avec mon téléphone. Des petites scènes de rue captées au gré de mes pérégrinations. Le quotidien. Des pastilles de vie. J’ai fréquenté les cafés traditionnels, entouré d’hommes fumant le narguilé en jouant aux cartes ou aux dominos. J’ai marché dans les rues, sur le marché. J’ai écouté de la musique classique dans les églises, vu un film au cinéma. je me suis rendu au mausolée d’Arafat, dans la Mouqata.
J’ai aussi beaucoup écouté les habitants, jeunes et moins jeunes. Les discussions reviennent toujours à la situation politique. Et aussi à la vie chère, à l’impossibilité de sortir
du territoire… même pour se rendre à Jérusalem, située à 15 kilomètres… Il est aussi question d’avenir, évidemment.
J’ai quitté Ramallah, j’y suis retourné plusieurs fois ces dernières années. Pour y faire de nouveaux reportages. Et j’ai continué à photographier avec mon téléphone. Ramallah n’est pas tout à fait la Palestine. Et ces images montrent juste un quotidien banal qui n’a pas objet d’occulter l’occupation et les déboires de tout un peuple.

Jean-Michel DELAGE :
Né en 1963. Photographe depuis une vingtaine d’années, il se définissait jusqu’à présent comme photojournaliste. Particulièrement intéressé par des sujets de société tels que la santé, l’immigration… Ses sujets l’ont emmené en Asie, en Europe, en Palestine… mais aussi en France !
Il prend peu à peu ses distances avec la presse pour pratiquer un autre genre de photographie. Retour à l’argentique, au polaroid ou au téléphone portable. Pour des travaux plus intimes. Comme cette nouvelle série sur ses racines. Il est l’auteur de trois livres. Plusieurs sont en préparation, dont un sur Ramallah (sujet présenté).
Exposition présentée dans le cadre du festival photographique L’Image Publique # 10 «photo de rue», organisé par Photo à l’ouest en oct.2017 à Rennes et dans la métropole.

JEAN-MICHEL DELAGE « RAMALLAH, VILLE NORMALE »
EXPOSITION : 5 OCT > 10 NOVEMBRE 2017
VERNISSAGE : JEUDI 5 OCTOBRE / 18H30

mda-exposition-festival photo a l'ouest

 

Catégorie(s) : Expositions

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